L’art de Jean-Pierre Rousset est l’expression d’une vie en osmose avec la nature. Peintre et photographe, il en capte l’énergie, les forces telluriques et aériennes, les ondes et les lignes de force porteuses de vie. L’homme s’immerge dans l’élément naturel en quête de sensations primitives au contact de l’eau, de l’air, de la terre, de la roche d’avant l’humanité. Il laisse monter en lui des émotions puissantes générées autant par sa propre perception de l’instant et de l’environnement que par l’esthétique des éléments au fil des saisons et de la lumière. De retour à l’atelier, le peintre travaille vite, en un geste puissant, libéré, plein d’une énergie puisée aux sources de la création. L’espace restreint de la toile accueille l’infini d’une nature éternelle. L’expression glisse aux confins de l’abstraction et de la figuration ; les couleurs s’imposent tantôt en contrastes violents, tantôt en harmonie subtile et nuancée, déclinant le prisme des émotions de l’artiste. L’art de Rousset s’inscrit dans la tradition, trop souvent méprisée, du naturalisme abstrait vu par Gaston Bachelard, reconnaissant la légitimité de la représentation non-figurative de la nature telle que perçue intimement par l’artiste. 

 

Marie-José Bouscayrol in Art au Présent, Editions Regards, 2010

 

 


Jean-Pierre Rousset pratique la peinture et la photographie depuis l'âge de 15 ans. Dans les deux disciplines, sa démarche le place en marge des écoles et des modes. Sa peinture repose sur son rapport instinctif avec le monde sauvage.

Elle nous relie à la nature secrète ainsi qu'à l'énergie.

Il exprime l'émotion et la force vitale, ce qui le distingue de la plupart des courants de l'art contemporain.

 

 

Robert Labeyrie, collectionneur 


L’homme est peu diseux, se livre peu. « L’art ne peut pas être purement décoratif ou technique. Il est un regard sur le monde dans lequel nous vivons, ses mystères, ses problèmes, ses solutions. L’artiste doit être intellectuellement et émotionnellement connecté à son époque. En percevoir les enjeux et les forces invisibles qui s’affrontent. »
Il ne fait pas de l’abstraction pour le pur plaisir cérébral de ces cercles mondains tout en attitudes d’ « escroqu’art » . Son abstraction, telle qu’il la vit, est sa manière émotionnelle, instinctive, de coucher sur toiles, en mouvements et luminosités, voire rugosités et dans l’urgence du ressenti envahissant de ce que la nature lui inspire, une nature à protéger, une nature dans tous ses éléments menacés, sublimes et ses animaux sauvages, parfois mythiques, à mi chemin entre homme et animalité. Une manière foisonnante, tumultueuse de transcrire, en palettes contrastées, ses visions des roches, des montagnes, à ces instant précis où le végétal, le minéral, le feu des ciels et le vent tourmenté des forêts, des arbres ou des océans se mêlent en incendies flamboyants, en gris, verts et violets des sommets et vallées basques ombrageuses et 􀃒ères, en ces silences assourdissants où la nature reprend ses droits de sauvageries incandescentes, animales, primitives, rocailleuses, où les légendes s’entrecroisent, laissant surgir au coeur des roches, des Minotaures, des visages improbables en filigranes d’animaux rugissants. Un imagine qui vagabonde entre terres basques , américaines ou surgies de son univers, au delà de toute forme de régionalisme.

 

 Catherine CLERC

Ecole Des Hautes Etudes En Sciences Sociales, Paris

Docteur en histoire de l'art